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Helga Natz et Simone Nieweg
2 février - 4 mars 2017
(See below for the English version)
Helga Natz et Simone Nieweg ont de l’amitié et du respect l’une pour l'autre en tant qu'artistes. Cependant leurs œuvres sont très différentes. Dans une note de préparation pour cette exposition, Helga Natz décrit l’origine du projet dans « leur amour commun pour la France, l’affinité pour la nature et pour “le vert” », et le fait que chacune ait exposé à la Galerie Konrad Fischer en Allemagne. Les deux artistes sont allemandes. Helga Natz expose ses sculptures depuis de nombreuses années dans ma galerie. Les dernières pièces en date qu’elle a montré étaient de la peinture ou du dessin. Je l’ai interprété comme une étape supplémentaire de son travail en volume. Les sculptures de Helga Natz paraissent simples parce qu’elles ont résolu une complexité. Le nombre de matériaux, la matière, la forme, la couleur, tout est important dans la réalisation de son « idée sculpturale ». Mais l’art de Helga Natz n’est pas conceptuel pour autant. L’aboutissement de sa sculpture est unique et l’entité qu’elle produit lui appartient en propre. En découvrant les grandes photographies de Simone Nieweg, j’ai été frappé par le sentiment de perfection qu’elles communiquent. Ses images nous emmènent dans une précision totalement unique et totalement reconnaissable. Cependant, d’une photographie à une autre, on retrouve la même qualité de détachement vis-à-vis du sujet donné. C’est comme si le regard du photographe au moment de la prise de vue rencontrait celui du spectateur par l’intermédiaire de l’objectif. On ressent d’ailleurs une forte présence dans les photos de Simone Nieweg. En parcourant son livre sur la forêt, il se dégage une impression de puissance mystérieuse des arbres photographiés. Il sont si réels qu'ils semblent habités par un imaginaire ancestral qui vient à notre rencontre. On comprend pourquoi Simone Nieweg a choisi d’introduire son livre avec un poème de Heinrich Heine, «Waldeisamkeit» (Solitude des bois). Arnaud Lefebvre
Manfred Schneckenburger de ‘Hard Shell, Soft Kernel, The Sculptures
of Helga Natz,’ Helga Natz Skulpturen / Sculptures 1985-2005, Kerber
Verlag, Bielefeld, 2006 « Helga Natz a débuté comme peintre mais très tôt elle a abandonné la peinture ordinaire sur toile. Dès le départ, la peinture à l'huile en tant que moyen de représentation lui était étranger parce que la peinture ne fait qu'adhérer à la surface, alors que Natz voulait une peinture qui ne recouvre pas seulement mais qui pénètre également le fond pictural et enregistre sa matérialité. Elle était donc beaucoup plus intéressée par le processus de la fresque dans lequel le plâtre mouillé absorbe la tempera et devient indissolublement mêlé au support. » (...) « Le magnétisme silencieux et sensuel des sculptures de Helga Natz tient à leur totalité de matière, de couleur et de forme. Elles remettent à jour le vieux thème de la coquille et du noyau, et le transforment de nouveau en gardant la forme du noyau consolidé dans et hors de la coquille. Ce qui distingue ces constructions, c'est leur évidence absolue, même si elles correspondent difficilement à une forme familière. C'était Kandinsky qui donnait au terme de “nécessité intérieure” sa note emphatique. Même sans la référence à Kandinsky, les meilleures sculptures de Natz ont quelque chose de cette nécessité. Chaque sculpture parvient à se trouver elle-même au cours de sa genèse, cherchant et trouvant un équilibre entre le processus de travail et la définition, l'exécution matérielle et l'artefact, l'expérience et la réalisation. » (...)
Helga Natz de http://www.helganatz.com/englisch/sculp.php « Pour mes sculptures, la couleur, le matériau, le poids, la taille, la forme et la fabrication elle-même sont d’égale importance. Dominé par les caractéristiques structurelles des matières premières des sculptures, l'acte de création suit l'idée de simplicité. Comme une réaction aux besoins intérieurs de la matière, me vient alors une forme, une couleur. L'idéal est que l'assemblage de cette couleur, de ce matériau et de cette taille mènera à une seule combinaison possible pour la sculpture. Approcher cet idéal est l'objectif principal. La sculpture elle-même n'existe pas avec l'intention d'interpréter ni d’attirer l'attention sur telle ou telle chose. »
Stephan Diederich tiré du catalogue:
Helga Natz “Sandpit”, éd. Meinhard Pfanner, aci, 2000, p. 4. "Le jeu combiné de l'irritation et de la familiarité est
ce qui confère aux objets d'Helga Natz leur intensité. L'artiste a la
capacité de réunir des opposés, de les joindre dans une entité qui est
immédiatement convaincante dans son mode d'être spécifique, sans pour
autant abandonner les éléments constitutifs de leur caractère ou de leur
indépendance. Comme dans la combinaison des matériaux, les valeurs
expressives de l'objet sont également influencées par l'interaction de
disparités apparentes. A la fois joueuses et dignes, directement
évidentes et d'une élévation touchant au mystique, les sculptures
participent en même temps d'une saisie immédiate et d'une
incompréhension."
Heinz Liesbrock de Simone Nieweg “Nature, man-made”, Schirmer/Mosel, München, 2012 « Puis soudainement, sur la base de cette vision justement atténuée, combinée avec une longue expérience artistique, le vagabondage presque rêveur de l'œil trouve un point de focalisation précis. Le visible produit le moment, et à partir des multiples impressions d’abord contingentes, émerge l'ordre d'une image. Dès lors, l’appareil photo doit être installé rapidement, et l'aspect pratique du travail photographique commence, un aspect qui est aussi intuitif dans une large mesure. Une perspective doit être sélectionnée, les bords de l'image définis, et il faut attendre la bonne lumière pour l'ouverture du diaphragme.» (...) « La ligne d’horizon est toujours placée en fonction du premier plan afin d'attirer directement le spectateur dans le récit de l'image : l'horizon est donc doté d'une structure animée par l'inclusion des bâtiments et des arbres et n'est pas seulement défini par une linéarité. Ceux-ci, d'autre part, trouvent un écho dans d'autres parties de l'image. La composition des surfaces végétales, souvent importantes dans les images, prend également une vitalité spécifique. Dans les peintures d'artistes comme Renoir, Monet et Van Gogh, Nieweg a découvert comment un coup de pinceau dynamique - avec lequel chaque trait représente un lieu autonome et non pas simplement un élément de surface subordonné - engendre la variation et la vivacité. » (...) Heinz Liesbrock extrait de 'Documentation lyrique — Les
jardins et les paysages de Simone Nieweg' dans le catalogue Objectivités, la photographie à Düsseldorf, Musée d'Art Moderne de la
Ville de Paris/ARC, 2008, (traduit de l'allemand par Françoise et
Philippe Buschinger) “Dans les photographies de Simone Nieweg, tout nous semble connu et familier, parce que rencontré maintes fois déjà. Et pourtant les choses y brillent d'une présence particulière qui nous est étrangère. En effet, en réajustant notre regard sur le monde visible, le flot continu des phénomènes connus est soudain arrêté et transcendé vers un nouvel ordre qui le libère des motifs d'une perception routinière et limitative. Ce qui nous semble familier acquiert une transparence qui rend visible un motif plus profond, générant une énergie visuelle particulière et avec elle un message spirituel. Simone Nieweg dispose des phénomènes habituellement dispersés, qu'ils appartiennent au monde de la nature ou a celui de l'Homme, dans un contexte commun qui les porte. L'art de la photographie commence là où le visible touche à l'invisible. De cela aussi, les images de Simone Nieweg rendent témoignage.”
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Simone Nieweg and Helga Natz have a mutual friendship and respect as artists. However, their works are quite different. In a sketch note for this exhibition, Helga Natz describes the origin of the project as “having the love of France in common, the affinity for nature and ‘green’,” and their meeting when showing at the Konrad Fischer Gallery in Germany. Both artists are German. Helga Natz exhibited her sculptures at my gallery for many years. The last pieces she showed were painting and drawing. I saw it as an additional step in her work in three dimensions. Helga Natz’s sculptures look simple because they resolve a complexity. The number of material, matter, shape, colour, everything is important in the making of her “sculptural idea”. But Helga Natz’s art is not conceptual neither. The completion of her sculpture is unique and the entity it produces belongs to itself alone. When I discovered the large photographs by Simone Nieweg, I was striken by the feeling of perfection they convey. Her images bring to us both a totally unique and totally recognizable precision. However, from one photo to the next, there is the same quality of detachment from the given subject. It is as if the eye of the photographer at the moment of the photo meet the eye of the onlooker through the lens of the camera. Besides, there is a strong presence in Simone Nieweg’s photographs. While looking at her book on woods, a sense of mysterious power comes from the photographed trees. They are so real they seem inhabited by an archaic imagination that comes to us. One understands why Simone Nieweg chose to introduce her book with a poem by Heirich Heine, “Waldeinsamkeit” (Forest Solitude). Arnaud Lefebvre
Manfred Schneckenburger in ‘Hard Shell, Soft Kernel, The Sculptures of Helga Natz,’ Helga Natz Skulpturen / Sculptures 1985-2005, Kerber Verlag, Bielefeld, 2006 (translated from the German by P. Cumbers) “Helga Natz started out as a painter, but at an early stage abandonned ordinary canvas painting. From the very beginning, oil paint as a means of representation was alien to her because the paint only adheres to the surface, whereas Natz wanted a paint that not alone covered but penetrated the pictorial ground and recorded its materiality. She was therefore much more interested in fresco processes in which wet plaster absorbes the tempera paint and becomes indissolubly combined with the carrier.” (...) “The quiet sensual magnetism of Helga Natz’s sculptures is actually based on their totality of material, colour and form. They update the old theme of shell and kernel, and transform it anew by having the kernel form and consolidate itself from out of and within the shell. What distinguishes these constructs is their absolute self-evidence, even though they hardly correspond to a familiar form. It was Kandinsky who gave the term ‘inner necessity’ its emphatic note. Even without Kandinsky’s implications, Natz’s best sculptures have something of that necessity. Each sculpture finds itself in the course of its genesis, seeking and finding a balance between working process and definition, material execution and artefact, experiment and achievement.” (...)
Helga Natz from http://www.helganatz.com/englisch/sculp.php “For my sculptures the colour, material, weight, size, shape and the manufactoring itself are equally important. Dominated by the structural characteristics of the sculptures' raw materials the act of creation follows the idea of simplicity. As an reaction to the inner needs of the material, I get an imagination about a shape, about a colour. The ideal is that the assembly of such a colour, material and size will lead to only one possible combination for the sculpture. Approaching this ideal is the main objective. The sculpture itself neither exists with the intention to interpret nor is it meant to call attention to certain things.” Stephan Diederich excerpt of his text in the
catalogue Helga Natz “Sandpit”, ed. Meinhard Pfanner, aci, 2000, p. 4.
(translated from the German by P. Cumbers) “The interplay of irritation and familiarity is what
lends Helga Natz's objects their forcefulness. The artist has the
capacity to bring opposites together, to gather them into a persuasive
entity that is inherently compelling in its specific mode of being, yet
without the respective elements forfeiting their character or
independence. Like the combination of materials, often the object's
expressive values too are influenced by the interaction of apparent
disparities. The playful and the dignified, the plainly obvious and the
mystically heightened all equally determine the sculptures, lending them
directness while at the same time constituting their
incomprehensibility.”
Heinz Liesbrock two excerpts from Simone Nieweg: Nature, man-made Schirmer/Mosel, München, 2012 (translated from the German by Ehren Fordyce) “Then suddenly, on the basis of this specially attenuated vision which is combined with long artistic experience, the almost dreamlike roving of the eye finds a clear point of focus. The visible yields to the moment, and out of the multifarious and initially contingent impressions emerges the order of an image. Now the camera must be set up quickly, and the practical aspect of photographic work begins, an aspect which is also intuitive to a great degree. A perspective must be selected, the borders of the image defined, and one must wait for the correct light for the aperture opening.” (…) “The horizon line is always set in relation to the foreground in order to draw the viewer directly into the image narrative: therefore the horizon is given an animated structure through the inclusion of buildings and trees, and is not just linearly defined. These, on the other hand, find an echo in other areas of the image. The composition of the often broad plant surfaces in the images also takes on a distinctive vitality. In the paintings of artists such as Renoir, Monet and van Gogh, Nieweg discovered how a dynamic brush style - in which each stroke represents an autonomous locus and not merely a subordinate surface element - engenders variation and vivacity.” (…) Heinz Liesbrock excerpt from 'Lyric Documentary:
Simone Nieweg's Garden and Landscapes' in Simone Nieweg “Natur der
Menschen / Nature, man-made”, ed. Schirmer/Mosel, Münich, p. 164.
(translated from the German by Roger W. Benner) “Everything in Simone
Nieweg's photographs gives the impression of being known and familiar
through many encounters. Nevertheless, things shine in a special state
of being that is otherwise alien to us because through the readjustment
of the eye on the visible world, the constant stream of familiar
phenomena is suddenly halted and conveyed into a new order that frees it
from the pattern of routine perception that is limited to mere
identification. That which is ostensibly familiar is made transparent,
disclosing an underlying pattern that generates a distinct visual energy
and, with it, a cognitive assertion which places the otherwise
individual phenomena—regardless of whether they belong to the sphere of
nature or of man—into a mutual context that sustains them. The
relashionship between plants and the soil is so intimate in her images
that they seem to tangibly capture the energy that is the basis of all
life. The art of photography begins at the point where that which is
seen comes into contact with the unseen. Nieweg's photographs bear
testimony to this.”
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Exhibit Images

Vernissage
Vernissage
Helga Natz et Simone Nieweg
Helga Natz et Simone Nieweg, vue de l'exposition, 2017.
Helga Natz et Simone Nieweg, vue de l'exposition, 2017.
Helga Natz et Simone Nieweg
vue d'exposition
Helga Natz et Simone Nieweg
vue d'exposition
Helga Natz
"Film n°6, Grün gegen grau (Vert contre gris)", février 2016 Pigments sur papier calque, 23,5 x 108 cm.
Simone Nieweg
"Bouleaux (vers Kåfjord I - Norvège)", 2012, tirage analogique couleur sur Dibond, encadré sous verre anti UV, 158 x 136 cm.
Helga Natz
"Sapa 43", 2015
Pigments sur papier de verre, 16,5 x 18,5 cm.
Helga Natz
"Versuche mit Grün" (Études avec vert), 2007, 4 techniques mixtes sur papier, 14 x 20 cm chacune.
Helga Natz
"Variation", 2015
a. [sans titre], aquarelle sur papier, 8 x 10 cm
b. "Grün, Grün, Grün" ("vert, vert, vert"), pigments sur tissu, 6 x 8 cm
c. [sans titre], aquarelle sur papier, 8 x 10 cm

Simone Nieweg
"Citronnier et avocatier (Hollywood - Californie)", 2013, tirage analogique couleur sur Dibond, encadré sous verre anti UV, 106 x 126 cm.
Helga Natz
N° 226
(avant plan)
Helga Natz
"Bühne für herbstliches Grün"
(arrière plan)
Helga Natz
"N° 226, Beschattetes rot" (Rouge ombragé), 2012 Plomb et plâtre, 17 x 32 x 32 cm.
Helga Natz
"N° 226, Beschattetes rot" (Rouge ombragé)
(vue de dessus)
Helga Natz
"Bühne für herbstliches Grün" (Scène pour un vert automnal), 2016 Gouache et pigments sur toile, 105 x 120 cm.
Simone Nieweg
"Sapins à la lumière du midi (Mont Ventoux - Vaucluse)", 2012, tirage analogique couleur sur Dibond, encadré sous verre anti UV, 158 x 119 cm.
Helga Natz
N° 230, "Grün Schichtung" (Couches de vert), 2016, verre et cire, 12,5 x 25 x 4 cm chacune.
Helga Natz
N° 230, "Grün Schichtung" (Couches de vert), 2016, verre et cire, 12,5 x 25 x 4 cm chacune.
Helga Natz, Carnet d’étude (40 études 2015-2016), aquarelle et pigments sur papier, 8.1.2106, 25,5 x 15,5 cm.
Helga Natz "Carnet d'étude", 8.10.2015, crayons sur papier 
Helga Natz "Carnet d'étude", 'Wund Wunde Wunder' (douleur, plaie, merveille), 2015, collage sur papier
Helga Natz "Carnet d'étude" 7 études d'après "Le Repos" (portrait de Berthe Morisot) d'Edouard Manet, 1 semaine en décembre 2015, graphite et pigments sur papier
Helga Natz "Carnet d'étude" 11 avril 2016, Entwurf für "helle Bühne" (esquisse pour "scène claire")
Helga Natz "Carnet d'étude", 'Cinema', 25.10.2016, encre et collage sur papier |